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Bosnie.org : Voyages et reportages dans les Balkans
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Sarajevo, Bosnie

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bosnie

Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /2006 19:56
Les collegues des Dernieres Nouvelles d'Alsace viennent d'accepter mon sujet sur les jeunes et les elections d'octobre, Wahou ! Un pretexte de plus pour des interviews, de belles rencontres et de petits voyages en Bosnie dont je vous ferai part sur ce blog au fur et a mesure. Et c'est promis : je mettrai mon papier en ligne pour les bosnophiles hors d'Alsace.
Par Matthieu - Publié dans : bosnie
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Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /2006 19:43

Aller à Srebrenica, c’est le genre d’aventures faciles sur la carte mais qui demande pas mal de motivation et d’organisation dans un pays comme la Bosnie. Cette ville, où s’est déroulé le massacre de 8000 musulmans par des Serbes en juillet 1995, est assez isolée à l’Ouest du pays. Après un rendez-vous matinal à 6h30 devant la flamme de Sarajevo, nous montons dans le bus de h10 pour un magnifique trajet de quatre heures à travers la Bosnie rurale et montagneuse. Des vallées verdoyantes, de jolis chalets et les petites meules de foin en forme de ruche qui font le charme de la campagne d’ici se succèdent.

Le mémorial lui-même (voir photo) a la sobriété des cimetières américains de Normandie. Il faut s’approcher de la plaque où sont gravés les noms des victimes pour saisir l’ampleur de cette atrocité, perpétrée en deux jours sous les yeux des casques bleus et au su de la communauté internationale. Les victimes y sont enterrées au fur et à mesure que leurs restes sont identifiés par le grand hangar-laboratoire de l'International  Commission for Missing Person de Tuzla, à partir des prélèvements ADN des familles.

 

Réfugiés, 11 ans après 

Le vrai choc, c’est dans la ville de Srebrenica que je l’ai ressenti. Une terrible tristesse se dégage de l’endroit. Seules les affiches des partis serbes et musulmans de la campagnes électorales égayent les murs délabrés par la guerre de la cité. Les jeunes bosno-serbes que je rencontre ont un discours politique ambigu, relativisant le discours des partis nationalistes et insistant sur le sort de leurs congénères qui vivent dans un camp de réfugié, des années après la guerre. Selon eux, le conseil municipal s’en fiche : il est vrai que le maire et la plupart de ses adjoints vivent dans d’autres villes.

 

Cité thermale

 

Nous sommes allés voir le camp « Argentorjia », un ancien hôtel thermal qui accueille des dizaines de famille dans des conditions précaires. Nos jeunes interlocuteurs parlent de le restaurer, pour redorer le blason de la ville, sur le modèle de la cité touristique qu’elle aurait été ( ?) avant la guerre. Et puis de réouvrir les usines communistes pour donner du boulot aux habitants. Le genre d’illusions qu’on entend souvent ici, d’autant plus étonnantes quand elles sont exprimées par des jeunes nostalgiques d’une économie communiste bosnienne fondée sur l’industrie – mais parfaitement dépassée aujourd’hui. Nous déclinons poliment leur invitation d’hébergement pour la nuit et remontons dans le bus de 16h30, fuyant l’atmosphère étouffante de la cité.
Par Matthieu - Publié dans : bosnie
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Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /2006 20:15

« Dosta » : un joli mot qui veut dire « assez » pour un mouvement sympa aux revendications un peu brouillonnes. Darko (sur la photo), l’un de leurs portes-paroles, me reçoit dans le local de l’organisation : marmites de pâtes fumantes, poubelles débordantes et affiches en pagailles, la bonne vieille permanence de l’UNL à Barbés n’a jamais été aussi proche ! Mais sur le fond, c’est un peu plus compliqué.

Ni vote, ni boycott
En gros, c’est un mouvement de citoyens qui veut mobiliser les Bosniens pour changer le système politique. Rien de moins que cela. Il pointe avec justesse certaines failles de l’Etat : une administration pléthorique et qui absorbe une bonne part des richesses du pays, la corruption endémique et les réformes bloquées par les débats stériles entre partis nationalistes.Mais pour les élections, Dosta n’appelle ni au vote, ni au boycott, afin de maintenir la synthèse précaire entre ses divers courants. A en croire Darko, leur position était attendue par les observateurs de la vie politique bosnienne : sitôt la réunion terminée, les RG locaux et les espions de tous poils (et il y en a ici) se seraient précipités sur leur communiqué.

Soupes et manifs
Il faut dire que depuis juin, le mouvement est écouté : chaque samedi, une cinquantaine de jeunes de l’organisation manifestent devant le parlement pour protester contre « les hommes politiques irresponsables et inefficaces ». Au menu, le tube de l’organisation (genre Rage Against The Machine, avec Dosta ! pour refrain), la main noir symbole du mouvement et de la soupe chaude pour tout le monde. Pas de quoi effrayer la classe politique bosnienne. Mais des jeunes qui réussissent a créer une telle mobilisation en Bosnie, c’est déjà une première.

Par Matthieu - Publié dans : bosnie
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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /2006 16:25

Ces jours-ci à Sarajevo, c'est un peu Bosnywood : le fameux acteur américain Richard Gere participe au tournage d'un film dans la vieille ville. D'où l'étonnement d'un ami devant une cérémonie à laquelle participaient des casques bleus français, la semaine dernière. Il s'agissait bien entendu d'une reconstitution, plus vraie que nature.


Gere à la "une"

Dans son film, Gere interprète en effet un reporter de guerre qui suit le dernier conflit. Dommage qu'on ne parle une fois de plus de la Bosnie que pour relater ces tristes événements. En attendant, le passage de la star dans la capitale fait la fierté des habitants et figure à la une de tous les hebdos du pays !

 

 

Par Matthieu - Publié dans : bosnie
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Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /2006 14:40

Quand on aime, on ne compte pas les heures de bus : 6h30 séparent Sarajevo de Bihać, une  jolie ville à l’extrémité nord-ouest de la Bosnie. A l’arrivée, la cité ne ressemble à aucune autre dans le pays. Au centre-ville, un grand parc borde la belle rivière Una, un large cours d’eau tout vert où se reflète la veille tour et les terrasses des cafés. On trouve aussi dans la rue principale une curieuse église transformée en mosquée, d’où dépasse un minaret. Dans la cour des immeubles, comme partout dans le pays, on coupe le bois qui, entassé en immenses tas circulaires, servira à se chauffer pendant le rude hiver bosnien. Toutes les caves débordent de bûches. Les jeunes d’une ONG que j’ai rencontrés m’ont vanté le dynamisme d’une ville porté par un maire trentenaire ouvert à leurs projets.

Schengen, mon amour
Le lendemain, départ pour les magnifiques lacs de Plitivice, dans un parc naturel de la Croatie voisine. Et c’est parti pour le grand cirque des douanes balkaniques ! Côté bosnien, petite fouille de sortie exclusive pour les Français, dans la bonne humeur. En fait, les deux douaniers ont commencé à s’exclaffer quand ils sont tombés sur l’affiche du SDA (parti nationaliste musulman) que j’avais décollé la veille : « propaganda ! ». L’intégralité de nos trousses de toilettes a été déballée sur une table sous les fenêtres du bus (regards curieux et amusés des autres passagers), mais ils n’ont même pas touché à nos manteaux ! De l’autre côté de la barrière, soit deux mètres plus loin, les Croates font descendre tout le monde pour une fouille des valises à laquelle nous échappons finalement. La scène se déroule sur une route secondaire, au milieu de nulle part : une fois de plus, la Bosnie m’évoque cette France inconnue des années 1950, loin avant Schengen…

Balkan express !
Après un rapide tour des lacs, se pose la question du retour à Sarajevo. Vu la simplicité des transports en Bosnie, nous rejoignons Zagreb en stop, conduits par un Croate francophone dément, à 180 km/h, qui nous abreuve de ses vérités sur la vie. Ce qui nous permet cependant d’arriver tôt dans la capitale croate : après une petite visite du centre, nous montons dans le bus de 22h qui nous fait arriver à Sarajevo vers 6h du matin. Et hop, une jolie escapade de plus en Bosnie !


Par Matthieu - Publié dans : bosnie
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