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Sarajevo, Bosnie

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Samedi 16 septembre 2006

Aller à Srebrenica, c’est le genre d’aventures faciles sur la carte mais qui demande pas mal de motivation et d’organisation dans un pays comme la Bosnie. Cette ville, où s’est déroulé le massacre de 8000 musulmans par des Serbes en juillet 1995, est assez isolée à l’Ouest du pays. Après un rendez-vous matinal à 6h30 devant la flamme de Sarajevo, nous montons dans le bus de h10 pour un magnifique trajet de quatre heures à travers la Bosnie rurale et montagneuse. Des vallées verdoyantes, de jolis chalets et les petites meules de foin en forme de ruche qui font le charme de la campagne d’ici se succèdent.

Le mémorial lui-même (voir photo) a la sobriété des cimetières américains de Normandie. Il faut s’approcher de la plaque où sont gravés les noms des victimes pour saisir l’ampleur de cette atrocité, perpétrée en deux jours sous les yeux des casques bleus et au su de la communauté internationale. Les victimes y sont enterrées au fur et à mesure que leurs restes sont identifiés par le grand hangar-laboratoire de l'International  Commission for Missing Person de Tuzla, à partir des prélèvements ADN des familles.

 

Réfugiés, 11 ans après 

Le vrai choc, c’est dans la ville de Srebrenica que je l’ai ressenti. Une terrible tristesse se dégage de l’endroit. Seules les affiches des partis serbes et musulmans de la campagnes électorales égayent les murs délabrés par la guerre de la cité. Les jeunes bosno-serbes que je rencontre ont un discours politique ambigu, relativisant le discours des partis nationalistes et insistant sur le sort de leurs congénères qui vivent dans un camp de réfugié, des années après la guerre. Selon eux, le conseil municipal s’en fiche : il est vrai que le maire et la plupart de ses adjoints vivent dans d’autres villes.

 

Cité thermale

 

Nous sommes allés voir le camp « Argentorjia », un ancien hôtel thermal qui accueille des dizaines de famille dans des conditions précaires. Nos jeunes interlocuteurs parlent de le restaurer, pour redorer le blason de la ville, sur le modèle de la cité touristique qu’elle aurait été ( ?) avant la guerre. Et puis de réouvrir les usines communistes pour donner du boulot aux habitants. Le genre d’illusions qu’on entend souvent ici, d’autant plus étonnantes quand elles sont exprimées par des jeunes nostalgiques d’une économie communiste bosnienne fondée sur l’industrie – mais parfaitement dépassée aujourd’hui. Nous déclinons poliment leur invitation d’hébergement pour la nuit et remontons dans le bus de 16h30, fuyant l’atmosphère étouffante de la cité.
par Matthieu publié dans : bosnie
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