Un grand mois de reportages en Bosnie !

Elle est jeune, mignonne, souriante… que demander de plus d’un candidat au Parlement national ?! Bien sûr, sa cinquième place sur la liste du PDP, un petit parti serbe nationaliste « modéré » (sic) lui laisse peu de chances de figurer en octobre parmi la représentation nationale. Mais qu’importe au fond : à Banja Luka (capitale de la République Serbe), au milieu d’un forum destiné à confronter les jeunes aux partis pour les inciter à voter, elle s’enquière avec application de son rôle.
La candidate idéale
Son programme tient en cinq paragraphes, du style : "lutter contre le chômage, augmenter les pensions des retraités, soutenir la jeunesse"... Pour soutenir ces propositions audacieuses, Marinela peut mettre en avant son parcours personnel, non-moins édifiant. Championne d’escalade (photo-médaillon de Marinela en baudrier sur son tract), elle veut développer le sport pour la jeunesse. Institutrice de formation (Marinela en chemise devant un pot de crayons de couleurs), elle veut moderniser l’école. Membre active du PDP (Marinela posant derrière une tribune), elle va révolutionner la politique.
Sous les photos, le grand flou
Après un court entretien sur le fond, il faut cependant se rendre à l’évidence : sur la réforme de l’université, un enjeux essentiel de l’élection pour la jeunesse, Marinela n’est pas très à l’aise. Dommage pour une professionnelle de l’éducation, qui esquisse vaguement l’idée d’une courageuse « loi nationale, mais pas trop centralisatrice » !
Des Marinela, les listes des partis de Bosnie en comptent plein pour cette élection : joueurs de football ou artistes locaux, ces jeunes servent de caution à des partis en peine d’attirer des jeunes électeurs désabusés. Qui revendiquent ainsi à peu de frais une ouverture sur la jeunesse de Bosnie - qu’on ne retrouve pas dans des programmes désespérément flous sur les problèmes graves qu’elle rencontre ici.
PS : merci infiniment, Bérengère, pour ton accueil à Banja Luka !