D'ici 18h de bus, je serai en mesure de vous proposer mes premières impressions bosniennes... Un retour aux sources, après le premier voyage de 2003. Et enfin un vrai séjour sarajévien, avec un projet journalistique pour le Courrier des Balkans.
J'en trépigne d'impatience : à moi les baklavas, les belles rencontres et les sommets montagneux !
Par Matthieu
2
-
Recommander
Je suis bien arrive hier a 10 du matin dans la capitale de la Bosnie, grand voyage sans soucis a travers l'Allemagne, l'Autriche, la Slovenie et la Croatie.
Pour le recit de cette nuit bleue (comme les uniformes de inombrables douaniers), rendez-vous bientot sur ce blog.
Me voila pour l'instant dans la capitale bosnienne, avec bientot une famille d'accueil, tres bientot un portable local et demain une feuille de route pour le projet du CdB. Quand aux projets de voyages ici, j'ai deja de quoi passer trois mois sur les routes de la Bosnie.
Par Matthieu
0
-
Recommander
Mercredi 6 septembre 2006
Ça y est, je suis un vrai sarajévien !
La famille de la jeune Jasmina, dont j’avais réalisé un portrait en février (publié dans le Pif Gadget de février) m’héberge pour le mois. J’ai passé ma première soirée 100% bosnienne avec les parents et leurs trois filles… devant une authentique telenovella mexicaine, « Amor descarrado » ! Je communique avec Jasmina en anglais, baragouine serbo-croate avec le père, tout en me régalant du savoureux accent mexicain des acteurs qui surjouent chaque scène avec application (« Dios, estoy consumida por el deseo !»). Même à Sarajevo, je serai toujours rattrapé par mon année à Mexico, ses chile et ses hommes aux cheveux gominés.
Pirates légaux
Selon un Français travaillant dans le secteur culturel, les télévisions piratent sans vergogne les programmes étrangers en se contentant d’ajouter des sous-titres sommaires. En Bosnie, les droits d’auteurs n’existent pas de facto. Impossible, dans toute la ville, de trouver un logiciel comme Excell en version originale : la copie est la règle, les vendeurs appliquent simplement la TVA sur le dernier CD de Shakira fraîchement gravé. Chez les marchands à la sauvette, j’ai trouvé sans problème le DVD du film Grbavica, du réalisateur Jasmile Zbanic, Lion d’or du festival de Berlin - et introuvable en France. Il raconte l’histoire d’une femme musulmane violée par un Serbe pendant la guerre qui lutte pour élever la fille née de ce drame. Le film porte le nom du quartier où il a été tourné, un amas de petites rues qui grimpent sur la rive droite de la rivière Miljacka, derrière le siège de l’OHR.
Dayton, ca marche pas
Partout en ville, les panneaux de publicité sont couverts par les affiches des candidats à l’élection générale d’octobre. Les têtes sont patibulaires, les slogans simplistes à l’extrême : ils insistent sur le grand débat du moment, l’unité ou la partition de la Bosnie. Une question vieille (au moins) comme les accords de Dayton de 1995, qui ont institué un État ubuesque de 4 millions d’habitants divisé entre une République serbe (RS) et une Fédération croato-musulmane, avec chacune son organisation politique. De quoi donner des cauchemars à n’importe quel constitutionnaliste un tant soit peu lucide. Et pour résumer, ça ne marche pas du tout. Les volontés des partis majoritaires semblent inconciliables. Le parti nationaliste serbe demande carrément un référendum d’autodétermination en RS pour obtenir son indépendance, là où le petit parti social-démocrate (ex-communiste) insiste sur l’unité de la nation.
Beaucoup s’attendent ici à une nouvelle victoire des partis nationalistes serbes, croates et musulmans… ainsi qu’à une grosse vague d’abstention. Je reviendrai sur ce point au fur et à mesure de l’avancée de mon enquête pour le CdB ! Et en attendant, je me gave de bureks, de délicieux pâtés de pâte feuilletée cuits à la braise qui sont vendus au kilo et qu’on déguste en buvant un yaourt liquide… miam !
Par Matthieu
1
-
Recommander
Le nationalisme par les albums d’Astérix, vous connaissez ? Dans un bar branché sur les quais de la Miljacka, Veronika m’a donné une autre idée de ce que peut donner la manipulation de la culture à des fins politiques dans les Balkans. Les recherches de cette étudiante allemande portent sur la traduction des albums du célèbre gaulois, du serbo-croate d’avant-guerre aux langues serbe, bosnienne et croate d’aujourd’hui. Il en ressort que la version croate développe une curieuses analogie entre les Romains et les Serbes.
Astérix contre les tchetniks
Astérix, au lieu du traditionnel « à l’attaque !», crie un slogan patriotique croate et traite ses ennemis de « tchetniks ». Quand aux généraux Romains, ils portent de curieux noms, comme Mladicus, une claire allusion au criminel de guerre bosno-serbe Mladic. Uderzo s’en retournerait dans sa tombe : « ils sont fous ces nationalistes ! ».
Par Matthieu
1
-
Recommander
Un mystère populaire
Visoko, petite ville à 30 km de Sarajevo : ses terrasses de café, sa gare minuscule et ses… pyramides ! En Bosnie, ces deux monuments sont le phénomène du moment l’attraction favorite des familles du coin le week-end. A première vue, il ne s’agit que de vulgaires collines aux pentes herbeuses régulières. Gardez-vous bien de tels commentaires à Visoko : pour le chauffeur de taxi comme la vendeuse de glace, il s’agit « d’authentiques constructions humaines », un mystère qui sort enfin leur ville de l’anonymat.
Les fouilles de la fierté
A la « Pyramide de la lune » (sic), la plus explorée, on creuse le sol partout, à la pioche ou à la pelle. Des coups de sondes aux méthodes plutôt éloignées de la rigueur exigée pour un chantier archéologique. Mais non sans habileté : en creusant verticalement jusqu’aux strates de pierres régulières, les fouilleurs forment des sortes de marches qui impressionnent les visiteurs. Les recherches sont menées par un original, un archéologue amateur toujours vêtu d’un chapeau à la Indiana Jones,
qui a passé sa vie à chercher des pyramides dans le pays.
Aujourd’hui, les Bosniens y croient dur comme fer et les plus grandes entreprises du pays financent les travaux. « Nique le pays qui n’a pas de pyramide », proclame avec fierté les t-shirts vendus à l’entrée du site. Visoko, un peu de poudre aux yeux ou l’histoire tragi-comique d’un peuple à la recherche d’une fierté perdue
Par Matthieu
0
-
Recommander